jeudi 31 janvier 2013

Un appareil photo 3D miniature pour sonder l’oesophage



Bientôt finies les pénibles endoscopies ? Un appareil photo miniature qui s’avale comme une pilule permet désormais de capter des images de la paroi de l’œsophage, en 3D. Un moyen inédit d’évaluer les risques de cancer de cet organe chez des personnes souffrant d’un œsophage de Barrett. Quelques minutes suffisent avec ce nouveau procédé, mais, encore expérimental, il devra être perfectionné.
Les remontées acides sont le plus souvent presque anodines. Pourtant, quand ces reflux gastro-œsophagiens deviennent chroniques, le corps peut s’adapter. Ainsi, les cellules du bas de l’œsophage se transforment et prennent l’apparence de celles retrouvées dans l’intestin, plus tolérantes aux pH faibles. Cette anormalité est appelée « œsophage de Barrett ». Environ 1 % des patients atteints de ce trouble déclarent par la suite un cancer.
Pour diagnostiquer la maladie, les médecins pratiquent une endoscopie, un traitement lourd nécessitant parfois l’anesthésie du patient. Cela demande donc de la pratique, de l’équipement et du temps. Le prélèvement d’un peu de tissu permet ensuite de déterminer si une tumeur est apparue.
Face à ces contraintes, des chercheurs du Massachusetts General Hospital (Boston, États-Unis) ont décidé de proposer un système plus avantageux. Ils ont développé un appareil photo miniature, de la taille d’une petite pièce de monnaie, qui s’avale comme une pilule. Leurs premiers résultats, publiés dans Nature Medicine, semblent prometteurs, même si la technique connaît certaines limites.
Cette image du dispositif permet d’apprécier la taille de l'appareil photo, semblable à une pilule, et le câble qui le relie à un ordinateur pour interpréter les informations reçues.
Cette image du dispositif permet d’apprécier la taille de l'appareil photo, semblable à une – grosse – pilule, et le câble qui le relie à un ordinateur pour interpréter les informations reçues. © Michalina Gora, Kevin Gallagher, Wellman Center for Photomedicine, Massachusetts General Hospital
L’œsophage pris en 3D sous tous les angles
L’outil se compose d’une enveloppe plastique transparente à l’intérieur de laquelle se trouvent un émetteur laser et des capteurs. Le tout est relié, par un câble, à une console fournissant les images aux médecins. Une fois avalé par le patient grâce à un verre d’eau, le dispositif entre dans l’œsophage et profite des contractions musculaires naturelles pour descendre.
L’imagerie repose sur le même principe que les ultrasons, mais cette fois avec la lumière proche du spectre infrarouge. Un rayonnement laser est envoyé, puis se divise en deux grâce à un jeu de miroirs. L’un de ces flux lumineux est envoyé vers un capteur et fait office de témoin. Le second est dirigé vers les tissus, sur une région aussi fine qu’un cheveu, avant d’être réfléchi et réceptionné par un autre détecteur. La différence de signal est interprétée et traduite en images microscopiques de la paroi de l’œsophage, elle-même observée en détail jusqu’à dix micromètres (µm) de profondeur. Empilés les uns sur les autres, ces clichés fournissent une représentation tridimensionnelle de la région sondée.
Détecter un œsophage de Barrett sans endoscopie
Testé sur 13 volontaires, dont 6 atteints par l’œsophage de Barrett, le dispositif n’a besoin que d’une minute pour traverser cet organe et arriver à l’entrée de l’estomac. Grâce au câble, l’appareil photo peut être remonté, permettant de nouvelles prises de vue. En tout, les auteurs ont réalisé quatre passages, ce qui a duré seulement six minutes. C’est 15 fois moins de temps qu’une endoscopie !
La technique présente d’autres avantages : elle ne nécessite pas d’anesthésie, n’exige aucun matériel sophistiqué, ni médecin spécifiquement formé en endoscopie. Un procédé pratique et de plus peu coûteux, à la portée des spécialistes.
L’endoscopie parfois inévitable
La qualité des images est bonne. D’après les auteurs, elle est même excellente. À l’origine, ils s’inquiétaient d’un éventuel manque de qualité des clichés, dû à la petite taille du dispositif. Des craintes qui s’avérèrent infondées, l’œsophage l’enserrant bien tout au long du parcours.
Grâce à un tel outil, les chercheurs espèrent diagnostiquer plus rapidement les personnes atteintes d’un œsophage de Barrett, trouble ne laissant apparaître que peu de symptômes. Les patients pourraient alors disposer d’un meilleur suivi et d’une prise en charge rapide si un cas de cancer était révélén avec l'objectif d'améliorer leurs chances de survie.
Cependant, il reste à apporter quelques améliorations, car l’appareil ne détecte ni les dysplasies ni les changements induisant le stade précancéreux. Seule une endoscopie, complétée par une biopsie, le peut. Pour les patients à risques, l’endoscopie demeure donc encore inévitable.

Cet appareil photo 3D produit des clichés&nbsp;de qualité de l'intérieur de l'œsophage. Ce n'est pourtant&nbsp;pas encore suffisant pour détecter l'apparition de cellules cancéreuses. Par ailleurs, l'outil pourrait aussi être utilisé pour d'autres observations.&nbsp;©&nbsp;Michalina Gora,&nbsp;Kevin Gallagher,&nbsp;<em>Wellman Center for Photomedicine</em>,&nbsp;<em>Massachusetts General Hospital</em>
Cet appareil photo 3D produit des clichés de qualité de l'intérieur de l'œsophage. Ce n'est pourtant pas encore suffisant pour détecter l'apparition de cellules cancéreuses. Par ailleurs, l'outil pourrait aussi être utilisé pour d'autres observations. © Michalina Gora, Kevin Gallagher, Wellman Center for Photomedicine, Massachusetts General Hospital



Portable et tumeur : faut-il appliquer le principe de précaution ?



Dans un rapport de 750 pages, l’Agence européenne pour l’environnement consacre une partie de ses colonnes aux risques de tumeurs au cerveau encourus lors de l’utilisation de téléphones portables. Elle appelle les instances sanitaires à recourir au principe de précaution.
 
Les ondes électromagnétiques des téléphones mobiles sont-elles dangereuses pour la santé ? Les études contradictoires s’enchaînent, si bien que la science ne peut apporter de conclusion consensuelle à la question. Le débat reste donc ouvert.
Ce mercredi 23 janvier, l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) a publié un ouvrage de 750 pages sur le thème du principe de précaution. Son nom original : Late lessons from early warnings (traduit en « Signaux précoces et leçons tardives »), deuxième édition après un premier texte paru en 2001. 

Ce rapport traite de divers facteurs de risques connus ou présumés sur la santé humaine, parmi lesquels le tabac, le bisphénol A ou encore les technologies émergentes comme les OGM, les nanotechnologies ou les ondes électromagnétiques des téléphones portables. 

Les ondes électromagnétiques, un cancérigène possible
 
Sur ce dernier point, l’AEE est claire : elle évoque un lien probable entre le risque de tumeur au cerveau ou aux glandes salivaires et l’utilisation du mobile. Les principales victimes seraient même les enfants et les adolescents, dont l’encéphale est en pleine maturation.
L’agence accuse les gouvernements et l’industrie du téléphone portable de négliger les recommandations du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), la branche de l’OMS spécialisée dans la lutte contre cette maladie. En effet, dans sa classification de la cancérogénicité des produits ou des paramètres physiques, les téléphones mobiles puis les champs électromagnétiques ont rejoint la catégorie 2B, celle des cancérigènes possibles pour l’Homme. Des paramètres négligés, selon l’AEE, par les gouvernements et l’industrie de la téléphonie mobile qui devraient reconsidérer les travaux scientifiques.
L'utilisation de téléphones portables pourrait être nocive, mais les risques seraient encore plus élevés lorsque les appels sont passés dans les moyens de transport. Au-delà des accidents potentiels en voiture, c'est surtout le passage d'une antenne relais à une autre qui serait le plus risqué.
L'utilisation de téléphones portables pourrait être nocive, mais les risques seraient encore plus élevés lorsque les appels sont passés dans les moyens de transport. Au-delà des accidents potentiels en voiture, c'est surtout le passage d'une antenne relais à une autre qui serait le plus risqué. © Ta_Samaya, StockFreeImages.com
En s’appuyant sur des études, et en citant l’exemple d’un homme d’affaires italien ayant développé une tumeur au cerveau alors qu’il avait passé les 12 années précédentes à téléphoner cinq à six heures par jour, l’agence défend l’idée qu’il existe suffisamment d’éléments qui devraient inciter à la prudence. Elle appelle donc dès à présent à des mesures de précaution afin de réduire l’exposition de la tête aux ondes électromagnétiques. Ainsi, cela limiterait le risque, la taille et la gravité des tumeurs cérébrales qui pourraient apparaître. 

Principe de précaution : la piste à suivre ?
 
La Commission européenne a déjà réagi à cette publication et a précisé qu’il lui fallait prendre davantage de recul pour intervenir en ce sens. La nouvelle ne sera probablement pas bien reçue par les lobbys de la téléphonie mobile. L’AEE calme le jeu et précise, sur la base d’expériences passées, que ce genre de contraintes stimule l’inventivité et l’innovation technologique : un argument pour tenter de convaincre une industrie qui pèse des milliards d’euros.
Face aux risques éventuels, quelques recommandations sont avancées. L’AEE préconise de ne pas coller le portable à l’oreille et de préférer l’utilisation d’une oreillette ou, dans le cas contraire, de changer de côté toutes les deux minutes.
Ce texte apporte donc de nouveaux éléments au débat mais ne permet aucunement de trancher. Cependant, comme il le précise, le principe de précaution se révèle presque toujours bénéfique. Sur 88 alertes lancées au nom de ce principe et que l'AEE a étudiées, seules quatre n’étaient pas justifiées. Alors la question se pose : devons-nous vraiment nous méfier de nos téléphones portables ?


mercredi 30 janvier 2013

Samsung Galaxy Beam : un picoprojecteur dans un smartphone



Le fabricant coréen Samsung vient de dévoiler son Galaxy Beam, un smartphone qui, malgré des dimensions réduites, intègre un picoprojecteur pour afficher ses images sur un mur.
Tous les smartphones sont capables de réaliser et de lire des vidéos. Mais la difficulté survient quand on souhaite montrer une séquence à plusieurs personnes en même temps… La solution la plus simple nécessite d’avoir des amis plutôt proches pour pouvoir se presser les uns contre les autres.
Une solution simplifiée avec la nouveauté que vient de présenter Samsung au Mobile World Congress 2012 de Barcelone. Il s’agit d’un smartphone baptisé Galaxy Beam. En français, beam signifie « faisceau » ou « rayon » et il s’agit bien de cela. Ce téléphone intègre en effet un minuscule projecteur qui diffuse une vidéo ou un diaporama sur un mur situé à proximité, jusqu'à environ 2 mètres. En théorie, le picoprojecteur est capable d’afficher une image d’une largeur maximale de 50 pouces, soit 127 cm. L’image projetée est de 640 x 360 pixels et la luminosité de 15 lumens, ce qui est vraiment faible par rapport à un véritable vidéoprojecteur. Il vaut mieux donc se trouver dans l’obscurité pour obtenir une qualité d’affichage correcte. 

Le Galaxy Beam, couteau-suisse multimédia
Techniquement, le picoprojecteur se situe dans le haut du téléphone. Il associe une puce DLP de Texas Instrument, des Led et une lentille de projection. Samsung affirme que l'autonomie du mobile en projection serait de 3 heures.
Surprise, malgré la présence de ce projecteur intégré, le smartphone ne fait que 1,25 cm d’épaisseur et ne pèse que 145 grammes. Pour le reste, le téléphone est de surcroît très bien équipé. Doté du système d’exploitation Android 2.3 Gingerbread, il offre une surface d’affichage tactile de 480 x 800 sur 4 pouces. Sous le capot, il est animé par un processeur double cœur cadencé à 1 GHz, de 1 Go de mémoire vive et de 8 Go de mémoire, extensible à 32 Go avec une carte microSD. Le Galaxy Beam est, en outre, doté de deux caméras, une de 5 mégapixels qui se trouve sur le dos de l’appareil et l’autre frontale de 1,3 mégapixel. Au niveau de la connectique, le smartphone est doté du Wi-Fi et du Bluetooth. Pour le moment Samsung reste avare d'informations sur le prix et la disponibilité du téléphone. On peut retenir que c'est la première fois qu’un smartphone embarque un picoprojecteur aussi bien intégré.
Quelques constructeurs, en effet, proposent des petites nacelles qui ajoutent cette faculté aux smartphones, apparue il y a plus de deux ans sur un appareil photo, le Nikon Coolpix 1000pj. C’est le cas notamment du MobileCinema i50s d'Aiptek, qui se destine à l’iPhone. Une fois solidaire du téléphone, ce périphérique projette des images avec une luminosité de 50 lumens sur une diagonale de 60 pouces, soit 1,50 mètre.

Source: Futura-Sciences



mardi 29 janvier 2013

La bactérie de la lèpre au secours de l’humanité ?



La bactérie de la lèpre, productrice de cellules souches


C’est du jamais vu dans la nature : alors qu’ils cherchaient à comprendre comment la bactérie Mycobacterium leprae, responsable de la lèpre, se répandait dans l’organisme, des scientifiques écossais ont compris qu’elle reprogrammait des cellules nerveuses en cellules souches afin d’intégrer ensuite n’importe quel tissu adulte. Une découverte qui devrait ouvrir de belles perspectives thérapeutiques.
La lèpre affecte l’humanité depuis des millénaires, pourtant elle regorge de secrets. On sait que cette maladie, caractérisée par des lésions cutanées et une perte de la sensibilité des membres, est due à une neurodégénérescence, elle-même causée par la bactérie Mycobacterium leprae. Celle-ci est particulière, car elle a perdu plus de 2.000 gènes au cours de son évolution, notamment ceux lui permettant de synthétiser un flagelle (cil locomoteur). Elle ne survit qu’en présence de son hôte et ne peut être cultivée en laboratoire.
De ce fait, les études sur la maladie ne sont menées que sur des personnes infectées, des souris génétiquement modifiées ou, étrangement, sur des tatous, sensibles à l’infection. On sait aussi que M. leprae infecte préférentiellement les cellules de Schwann, des cellules du système nerveux périphérique regroupées autour des axones des neurones. Ces cellules constituent un bon isolant électrique, pour un meilleur transfert de l’information nerveuse.
Malgré les contraintes que l’étude de la maladie impose, quelques laboratoires travaillent sur la lèpre. L’un d’entre eux, à l’université d’Édimbourg (Écosse), a tenté de comprendre comment la bactérie se répandait dans l’organisme sans appendice locomoteur. Les scientifiques ont alors fait une découverte inattendue, publiée en exclusivité dans la revue Cell.
Des cellules de Schwann devenues cellules souches
Chez des souris, des cellules de Schwann ont été récupérées et infectées par M. leprae. Après analyse, les auteurs se sont rendu compte que les gènes caractéristiques de ces cellules nerveuses étaient éteints, leur faisant perdre leur fonction. En revanche, les gènes du développement, propres aux cellules embryonnaires, étaient actifs. La bactérie semble avoir piraté ses hôtes.
Ces cellules infectées ont ensuite été réinjectées à des rongeurs. Certaines d’entre elles ont migré et se sont fixées dans les muscles quand d’autres ont montré leur aptitude à devenir du tissu osseux ou graisseux. Ainsi, M. leprae semble avoir transformé ces cellules adultes en cellules souches.
Ce schéma, issu de la publication, reprend le processus infectieux de M. leprae. Après infection des cellules de Schwann (première étape, en haut), les bactéries les reprogramment pour en faire des cellules souches (progenitor stem-like cells). Soit elles se différencient directement (en muscle lisse ou en muscle squelettique), soit elle choisit de recruter des macrophages (cellules de l'immunité) qui vont se regrouper puis être relâchés après infection.
Ce schéma, issu de la publication, reprend le processus infectieux de M. leprae. Après infection des cellules de Schwann (première étape, en haut), les bactéries les reprogramment pour en faire des cellules souches (progenitor stem-like cells). Soit elles se différencient directement (en muscle lisse ou en muscle squelettique), soit elle choisit de recruter des macrophages (cellules de l'immunité) qui vont se regrouper puis être relâchés après infection. © Masaki et al., Cell
M. leprae se déplace en cellules souches
Grâce à cela, elle peut être véhiculée dans tout l’organisme, pouvant affecter n’importe quel organe. Les chercheurs ont remarqué que durant le transit, la cellule souche infectée sécrète des chimiokines, des protéines attirant vers elles des cellules immunitaires qu’elle peut aussi intégrer pour disposer de nouveaux moyens de diffusion. C’est par ce biais qu’elle se répand dans le corps humain.
Cette découverte, inédite, soulève de nouvelles questions. Comment la bactérie induit-elle ce retour des cellules différenciées à l’état juvénile ? Quel est réellement le pouvoir de ces cellules souches ? Peuvent-elles se différencier en n’importe quels tissus ou sont-elles limitées à seulement quelques-uns ? Existe-t-il d’autres bactéries qui utilisent le même procédé ? Les investigations vont se poursuivre en ce sens.
À long terme, plusieurs applications pourraient découler de cette étude. Dans la lutte contre la lèpre d’abord. Il existe bel et bien des médicaments contre cette maladie, mais ils ne sont fournis qu’une fois les symptômes visibles, quand il devient difficile de la traiter efficacement. En détectant plus tôt des marqueurs moléculaires caractéristiques de ces cellules souches, les scientifiques espèrent établir un diagnostic plus précoce et réaliser une meilleure prise en charge.
La bactérie de la lèpre au secours de l’humanité ?
D’autre part, on espère utiliser les propriétés de M. leprae pour créer des cellules souches à partir de cellules adultes afin de développer de nouvelles thérapies en médecine régénérative. La performance a déjà été réalisée par des Japonais, à l’aide de virus qui viennent moduler l’ADN nucléaire. Un exploit qui a valu le prix Nobel de médecine 2012 au chef d’équipe, Shinya Yamanaka.
M. leprae aboutirait au même résultat sans jamais entrer dans le noyau, évitant les risques de mutation génétique qui font débat. Des scientifiques chinois s'en sont rapprochés récemment en transformant des cellules récupérées dans l’urine en neurones, à l’aide d’un chromosome bactérien.
Après les initiatives originales du comité Nobel de ces dernières années, attribuant notamment le prix Nobel de la paix à l'Union européenne, oserait-il un jour décerner la récompense ultime en santé à M. leprae, pour sa contribution au développement de cellules souches utilisables dans des thérapies humaines ?


lundi 28 janvier 2013

Nous sommes aveugles 2 heures par jour !



À chaque mouvement de nos yeux, c’est-à-dire plusieurs fois par seconde, le cerveau inactive la vision. Mis bout à bout sur une journée, ces mouvements représentent deux heures… durant lesquelles on ne voit pas !
  • Tout savoir sur l'œil grâce à notre dossier complet
La vision humaine n’est pas ce que l’on croit. En réalité, notre champ visuel se résume à une tache nette au centre avec des contours flous. Pour compenser cela, nos yeux vont se déplacer de manière à scanner en permanence l’image que l’on a devant nous. Ce phénomène nous permet de voir clairement tout notre environnement.
Lorsque l’on déplace rapidement une caméra entre deux points fixes, toutes les images paraissent floues. C'est le flou cinétique. Il se passerait la même chose avec nos yeux à chaque mouvement. Mais le conditionnel est de rigueur car le cerveau a un stratagème pour éviter ce phénomène.
Le flou cinétique s'observe par exemple lors d'un cliché photographique où l'un des objets est en mouvement. Notre cerveau agit pour contourner ce flou et nous permettre une vision nette.
Le flou cinétique s'observe par exemple lors d'un cliché photographique où l'un des objets est en mouvement. Notre cerveau agit pour contourner ce flou et nous permettre une vision nette. © Aires Dos Santos, Fotopédia, cc by nc 3.0
À chaque mouvement, on perd la vue
Lors de ces phases de mouvements durant lesquelles les yeux se réorientent, appelée saccades, le cerveau coupe littéralement le processus visuel. Autrement dit, on ne voit plus rien. Cela ne dure qu’un temps infime, si bien que l’on n’en a pas conscience. En moyenne, nos yeux bougent de 4 à 5 fois par seconde. Si l'on fait le bilan sur une journée, ces saccades représentent environ deux heures de notre temps. Deux heures durant lesquelles on est aveugle !
Une expérience simple permet de le mettre en évidence. Mettez-vous face à un miroir et focalisez votre attention sur votre œil droit. Puis sur votre œil gauche. Reproduisez l’expérience autant de fois que vous voulez, vous ne verrez jamais vos yeux bouger. Demandez ensuite à un autre sujet de réaliser le test et regardez ses yeux. Ils bougent, mais lui, comme vous auparavant, ne le percevra pas, tout simplement parce que son cerveau l’en empêche.

Source: Futura-Sciences


vendredi 25 janvier 2013

C'est prouvé : le bisphénol A est nocif pour les testicules



Le bisphénol A est décidément néfaste. Même à faible concentration, il serait toxique pour les testicules humains. Des chercheurs français viennent de le démontrer pour la première fois de façon expérimentale.
Le bisphénol A (BPA) est un composé chimique qui entre dans la composition de certains plastiques et résines. Il est notamment utilisé dans la fabrication de récipients alimentaires tels que les bouteilles et les biberons. On le retrouve également dans les films de protection à l’intérieur des canettes et des boîtes de conserve, ou encore sur les tickets de caisse où il est utilisé comme révélateur.
Des taux significatifs de BPA ont d’ailleurs été retrouvés dans le sang, les urines, le liquide amniotique et le placenta humains. De récentes études menées sur des animaux de laboratoire ont démontré que ce composé industriel aurait des effets néfastes sur la reproduction, le développement et le métabolisme. Des conséquences que l’on suppose similaires chez l’Homme.
Par mesure de précaution, la fabrication et la commercialisation des biberons contenant du bisphénol A sont interdites depuis janvier 2011 en Europe. Une interdiction qui devrait s’étendre à tous les contenants alimentaires, à partir de juillet 2015, en France. Si ces mesures ont pour but de protéger la santé humaine de la nocivité du bisphénol A, un suivi semble toutefois nécessaire pour s’assurer que d’autres substituts qui présenteraient les mêmes dangers ne viennent pas le remplacer.
Des testicules qui produisent moins de testostérone
Dans l’article paru dans Plos One, René Habert et ses collaborateurs (université Paris-Diderot) apportent la première preuve expérimentale que de faibles concentrations de bisphénol A sont suffisantes pour agir négativement sur les testicules humains. Jusqu'à présent, aucune étude expérimentale n'avait encore mis en évidence un effet délétère du bisphénol A sur la reproduction masculine humaine. De plus, les rares études épidémiologiques demeurent contradictoires.
En collaboration avec l’hôpital Antoine-Béclère, à Clamart, les chercheurs ont, pendant trois jours, maintenu en vie des testicules fœtaux humains dans des boîtes de culture en présence ou en absence de bisphénol A. Une expérience menée selon une méthodologie originale mise au point précédemment par cette même équipe. Cette méthode avait déjà permis en 2009 de montrer, pour la première fois, que les phtalates (une autre catégorie de perturbateurs endocriniens que l’on retrouve dans le PVC, les plastiques, les tissus synthétiques ou encore les sprays) inhibent le développement des futurs spermatozoïdes chez le fœtus humain.
Ce système a été utilisé pour cultiver les testicules fœtaux. Découpés en petits morceaux et dans un milieu approprié, ils sécrètent de la testostérone pendant plusieurs jours. Une production hormonale variable en fonction de la présence ou de l'absence de bisphénol A.
Ce système a été utilisé pour cultiver les testicules fœtaux. Découpés en petits morceaux et dans un milieu approprié, ils sécrètent de la testostérone pendant plusieurs jours. Une production hormonale variable en fonction de la présence ou de l'absence de bisphénol A. © R. Habert, Inserm


Dans ce nouveau travail, les chercheurs ont observé que l'exposition des testicules fœtaux humains au bisphénol A réduisait la production de testostérone, et celle d'une autre hormone testiculaire nécessaire à la descente des testicules dans les bourses au cours du développement fœtal. Une concentration de BPA égale à 2 microgrammes par litre dans le milieu de culture est suffisante pour induire ces effets. Cette concentration équivaut à la concentration moyenne généralement retrouvée dans le sang, les urines et le liquide amniotique de la population.
Le bisphénol A responsable de troubles de la fertilité ?
On sait que la testostérone produite par les testicules pendant la vie fœtale impose la masculinisation des organes génitaux internes et externes, qui, en l'absence de testostérone, évolueraient spontanément dans le sens femelle. Par ailleurs, il est probable que la testostérone joue également un rôle dans le développement du testicule lui-même. Ainsi l'exposition actuelle au bisphénol A des femmes enceintes pourrait être une des causes des défauts congénitaux de masculinisation (type hypospadias et cryptorchidisme) dont la fréquence a globalement doublée depuis 40 ans. Selon René Habert, « il se peut également que le bisphénol A participe à la chute de la production spermatique et à l'augmentation de l'incidence du cancer testiculaire chez l'adulte observées au cours des dernières décennies ».
De plus, les chercheurs ont comparé la réponse au bisphénol A des testicules fœtaux humains avec celle des testicules fœtaux de rat et de souris. « Nous avons observé que l'espèce humaine est beaucoup plus sensible au bisphénol A que le rat et la souris. Ces résultats incitent à une grande prudence en toxicologie réglementaire dans l'extrapolation des données obtenues sur l'animal pour définir les seuils d'exposition tolérables en santé humaine », explique René Habert.
Enfin, les chercheurs montrent dans cet article que le bisphénol A agit par un mécanisme non classique et encore inconnu qu'il sera important d'identifier pour mieux comprendre l'action des perturbateurs endocriniens.


Le bisphénol A est encore utilisé pour tapisser l'intérieur de certains contenants alimentaires, en contact avec la nourriture. On le trouve par exemple dans les boîtes de conserve. Une fois ingéré, il passe dans le sang et induit ses effets nocifs dans l'organisme.&nbsp;© Alexh,&nbsp;<link http://bit.ly/Kh6tfi _blank>StockFreeImages.com</link>
Le bisphénol A est encore utilisé pour tapisser l'intérieur de certains contenants alimentaires, en contact avec la nourriture. On le trouve par exemple dans les boîtes de conserve. Une fois ingéré, il passe dans le sang et induit ses effets nocifs dans l'organisme. © Alexh, StockFreeImages.com

Source : INSERM



jeudi 24 janvier 2013

Voir à travers les murs avec un téléphone, c'est possible !



Une équipe de chercheurs de l’université de Dallas a mis au point une technologie qui donne à un téléphone portable la faculté de « voir » à travers les murs, les vêtements et certains matériaux non conductibles. Le secret ? La bande de fréquence des térahertz, très peu utilisée pour des applications grand public.

Superman voit à travers les murs grâce à sa vision à rayons X. Pratique pour sauver les personnes en détresse ou débusquer l’ennemi ! Dans la vraie vie, jusqu’à maintenant, regarder à travers les murs n'est possible qu'à condition de disposer d’un coûteux et perfectionné appareillage. Les choses pourraient changer grâce à la nouvelle technique développée par une équipe dirigée par Kenneth O, professeur de génie électrique à l'université du Texas à Dallas (UT-D) aux États-Unis. Leur découverte pourrait bien donner les yeux de Superman à n’importe quel smartphone, pour un tarif raisonnable.

Pour « voir » à travers les objets, les chercheurs ont exploité le potentiel d’une fréquence très peu employée dans le spectre électromagnétique. Il s’agit de la bande de fréquence des térahertz. Elle se situe entre les fréquences radioélectriques des micro-ondes et celles, optiques, de l'infrarouge. Ainsi, cette bande s'étend entre 100 GHz et 30 THz. On parle de rayons T, comme terahertz. 



Le rayon T pour voir à travers les murs

Ces rayons, comme les ondes radio, pénètrent les matériaux non conducteurs, comme la peau ou les vêtements mais, contrairement aux rayons X ou aux micro-ondes, sont peu énergétiques et non ionisants. Ils ne présentent donc, à priori, pas de danger pour la santé.
Mais jusqu’à maintenant les térahertz étaient peu étudiés et surtout utilisés dans quelques domaines très pointus. C’était notamment le cas en astronomie ou pour réaliser des sondages météo. Il n’était pas question de les employer dans des dispositifs accessibles au grand public. C’est ce que nous a précisé Kenneth O : « Nous avons créé des approches qui ouvrent sur une des portions du spectre électromagnétique jusqu'à présent inexploitées pour le grand public ».
Kenneth O (à gauche) avec Dae Yeon Kim l’un des chercheurs de l’équipe qui a mis au point cette technologie particulière basée sur le rayon T, qui, connectée à un téléphone portable, permet de voir à travers les objets. Toutefois, pour éviter toute polémique, lors de leurs expérimentations, l’équipe a bridé la portée du rayon à environ 10 centimètres.
Kenneth O (à gauche) avec Dae Yeon Kim, l’un des chercheurs de l’équipe qui a mis au point cette technologie particulière basée sur les rayons T, qui, connectée à un téléphone portable, permet de voir à travers les objets. Toutefois, pour éviter toute polémique, lors de leurs expérimentations, l’équipe a bridé la portée du rayon à environ 10 centimètres. © DT-Dallas
Pour cela, les chercheurs ont réalisé une seconde prouesse. Pour exploiter les capacités des rayons T, ils ont combiné un émetteur à une puce reposant sur une technologie très utilisée et bon marché. Elle est fabriquée à partir d’une puce CMos (Integrated Silicon Nanophonics), que l’on trouve habituellement dans les appareils électroniques les plus répandus (téléphones, mobiles, tablettes, baladeurs MP3, TV…). 

CMos, la technologie low-cost

Un dispositif peu onéreux donc, qui, combiné à l’émetteur, rendrait cette technique plutôt bon marché. C’est en tout cas ce que souligne Kenneth O : « Travailler à partir de CMOS pour créer notre puce ne coûte pas cher. Mais surtout en la combinant à un émetteur au dos d'un téléphone portable, celui-ci se transforme alors en un dispositif portatif qui permet de voir à travers les objets ». Le professeur est même impressionné par le potentiel de l’invention de son équipe, « il y a tellement de choses que l’on pourrait faire et auxquelles nous n’avons pas encore pensé…».
Pour terminer, Kenneth O a confié à Futura-Sciences, que si son équipe a prouvé qu’il est possible d’intégrer simplement cette technologie à un téléphone portable, « elle pourrait un jour être déployée facilement chez les médecins généralistes pour détecter d’éventuelles tumeurs avant qu'elles ne deviennent trop importantes ».


Le prochain moniteur : votre oeil



Remplacer les écrans par une projection laser directe sur la rétine : la perspective est connue, mais les premiers produits industriels sortent sur le marché. Les avantages : une qualité insensible à l'environnement, une consommation énergétique très faible.

Si la projection est faite sur un seul oeil, elle peut permettre d'"enrichir" la vision en informations complémentaires : des réparateurs automobiles commencent à être équipés de tels dispositifs. En projetant deux images légèrement différentes vers les deux yeux, on obtient des images en 3 dimensions d'un réalisme inédit.
La société Microvision est l'une des premières à proposer des systèmes professionnels opérationnels. Les technologies de Microvision sont dérivées des recherches du Human Interface Technology Lab de l'université de Washington.


mercredi 23 janvier 2013

Nicolas Sarkozy chercherait à créer un fonds d'investissement, selon Mediapart


Nicolas Sarkozy

POLITIQUE - Mediapart ne lâche pas l'ancien président d'une semelle. En pointe dans l'affaire Woerth-Bettencourt, le site d'investigation affirme ce lundi 21 janvier (lien payant) que Nicolas Sarkozy chercherait à créer un fonds d'investissement qui pourrait être installé à Londres.
Citant des sources anonymes émanant des milieux d'affaire et de la Brigade financière, Mediapart indique que l'ancien chef de l'Etat, épaulé par son conseiller Alain Minc, aurait noué des contacts dans divers milieux financiers afin de rassembler l'équivalent d'un milliard d'euros. Le projet n'en serait néanmoins qu'à ses débuts, Nicolas Sarkozy n'ayant "pas encore définitivement décidé de franchir le pas", nuance le site dirigé par Edwy Plenel.

Des conférences destinées à nouer des contacts
Toujours selon Mediapart, Nicolas Sarkozy profiterait de ses conférences à travers le monde pour prospecter afin de lever des sommes, elles-mêmes destinées à alimenter le futur fonds d'investissement. Le jeune retraité de la vie politique s'est notamment exprimé à huis clos devant des cadres de la banque brésilienne BTG Pactual à New York. Il a depuis été aperçu au Brésil, Singapour, Moscou puis à Doha.
Cité par Le Figaro, l'entourage du président a démenti toute "installation" à Londres. "Ce sont des constructions intellectuelles", réagissent ainsi les proches de Nicolas Sarkozy. Alain Minc dément également avoir apporté toute aide à l'ancien chef d'Etat. "Nicolas Sarkozy n'a pas besoin de moi pour rencontrer les plus grands fonds du monde", indique le consultant.

Sondages de l'Elysée: l'enquête étendue à tout le quinquennat
Hasard du calendrier, on a appris ce lundi que l'instruction sur l'affaire des sondages de l'Elysée a été élargie à tous les marchés passés de 2007 à 2012 entre les services de l'ex-président Nicolas Sarkozy et neuf instituts de sondage, des contrats qui étaient l'objet d'une enquête préliminaire.
L'affaire avait été révélée par le militant écologiste Raymond Avrillier.
Le parquet de Paris vient de prendre un réquisitoire supplétif qui permet au juge Serge Tournaire d'élargir le champ de ses investigations à des faits qui faisaient l'objet d'une enquête menée par la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) de la police judiciaire parisienne.
C'est donc désormais le juge Tournaire qui va conduire les investigations qui porteront sur d'éventuels faits de "favoritisme", "détournements de fonds publics", complicité et recel de ces délits.

Source: Le HuffPost

2012: la fin du monde est (encore) reportée



(Agence Science-Presse) Eh bien voilà. Un calendrier démontre que les Mayas n’ont jamais prédit la fin du monde. Encore.
2012: la fin du monde est (encore) reportée
 
 

Les moins surpris sont les historiens des Mayas, qui répètent depuis des années que les Mayas n’ont jamais prédit la fin du monde en 2012. Encore pire: dans leurs mythes, il est question d’un roi qui reviendra dans un futur éloigné, très loin au-delà de 2012.
Mais voilà qu’une découverte au Guatemala, dans les ruines d’une cité appelée Xultun, montre un calendrier, qui va lui aussi loin au-delà de 2012. La découverte, sous la direction de l’archéologue William Saturno, de l’Université de Boston, est présentée dans l’édition du 11 mai de la revue Science.

En plus de ne pas parler de fin du monde, ce calendrier est particulièrement intéressant pour les archéologues et les historiens, parce qu’il confirme combien les savants de cette civilisation avaient atteint un haut niveau de précision en mathématiques et en astronomie.
Trois des murs de la pièce sont remplis de calculs, certains superposés —l’équivalent d’un carnet de notes dont on aurait effacé une page pour réécrire par-dessus. L’un des murs est consacré aux cycles de la lune, les autres aux cycles des planètes alors connues, et ces différents cycles auraient servi de base au calendrier maya à long terme, appelé «compte long».
L’auteur ou les auteurs de ces calculs, datés des environs de l'an 800, effacés et recommencés, tentent apparemment de dégager un portrait d’ensemble de ces cycles planétaires si divergents.
Fin d’un cycle, pas fin du monde
La croyance en une fin du monde en décembre 2012 vient d’une erreur (ou d’une omission volontaire): les Mayas parlaient de cycles, et non de fin. À l’image d’une année qui prend fin pour être aussitôt remplacée par la suivante. Ils utilisaient d’ailleurs plusieurs calendriers (au moins 17), dont l’un pour le cycle des saisons, un autre pour les 784 jours de la planète Mars...
Celui qui a retenu l’attention ces dernières années, le «compte long», couvrait une période de 5126 ans, dont la fin nous conduirait (les calculs sont contestés) entre le 21 et le 23 décembre 2012.
Sauf que «fin d’un cycle» ne voulait pas dire fin du monde. Une fois le cycle terminé, on tourne la page du calendrier et on passe au jour 1 du cycle suivant.
C’est ce que démontre le calendrier découvert au Guatemala, qui fait beaucoup jaser cette semaine. Peint et gravé dans une pièce de ce qui semble avoir été une résidence, il entremêle plusieurs de ces cycles, courts et longs, dont l’un se rend jusqu’aux environs de l’an 5900.
Réaction dans la communauté des pro-fin du monde: ah bon?


mardi 22 janvier 2013

Architecture: La démolition étage par étage d'un gratte-ciel au Japon



Construit par l'architecte Kenzo Tange entre 1980 et 1983, "The Grand Prince Hotel Akasaka" est un hôtel de Tokyo. Du haut de ses 141 mètres pour 39 étages, on peut considérer qu'il s'agit d'un "petit gratte-ciel". Comparativement la Tour Montparnasse, à Paris, mesure 210 mètres de haut avec 59 étages alors que la structure la plus haute du monde à ce jour, Burj Khalifa, Dubaï, compte 163 étages et atteint une hauteur de 828 mètres.


Mais la question qui se pose actuellement est comment démolir une structure de cette hauteur de manière à créer le moins de nuisances possible. Le bâtiment est aujourd'hui en cours de démolition et c'est la société de démolition Taisei Corp., réputée pour le respect de l'environnement, qui s'en charge. Dans un contexte écologique, Taisei Corp a décidé de détruire l'hôtel autrement, de l'intérieur. Elle a mis au point une nouvelle façon de travailler, en plus de réduire le bruit que provoque la destruction.

Les travailleurs ont commencé à enlever les éléments non structuraux, notamment les poutres et les planchers en béton. Via ce procédé, ils recyclent tous les matériaux de construction. Pour la destruction, ils ont utilisé le système " Tecorep " ou " Taisei Reproduction écologique ". Le travail commence sur le toit et descend étage par étage : ce système consiste à détruire l'hôtel de haut en bas de manière à supprimer les étages un par un. Pour réduire le volume de particules de poussières émis par le site, le bâtiment a été enveloppé. Avec cette méthode, on peut constater une grande réduction de débris par rapport aux pratiques traditionnelles, selon Hideki Ichihara, le responsable de Taisei. Ainsi, la prolifération de dioxyde de carbone est réduite de 85% et le bruit de 20 décibels !

Le 8 janvier, les démolisseurs étaient encore à 110 mètres, et espèrent rayer définitivement l'hôtel de la carte le mois de mai prochain.


Une caméra 3D à rayons X



Elle pourrait être utilisée par les services de sécurité des aéroports, pour l'imagerie médicale et l'exploration géophysique.

 

Analyse d'une clé USB par le dispositif. Les différentes couleurs permettent d'identifier le brome, le baryum, l'argent, l'étain et le zirconium. Université de Manchester
Analyse d'une clé USB par le dispositif. Les différentes couleurs permettent d'identifier le brome, le baryum, l'argent, l'étain et le zirconium. Université de Manchester

La caméra à rayons X développée par le professeur Robert Cernik de l’université de Manchester permet d’identifier différents produits chimiques et composés tels que la cocaïne, le semtex, des métaux précieux ou des matières radioactives, même quand ils sont contenus à l'intérieur d'un objet relativement grand comme une valise. Principal avantage de cette technique : les rayons X peuvent être produits en temps réel, sans une source de synchrotron à rayons X.
L’appareil fonctionne en utilisant une méthode appelée imagerie hyperspectrale qui permet d’enregistrer pour chaque voxel (point d’une image 3D) toutes les longueurs d’ondes présentes ce qui permet d’obtenir une image en couleurs. « Les différentes couleurs peuvent être utilisées pour identifier le matériau présent sur chaque point de l'image en 3D » explique le chercheur. Cette nouvelle technique diminue également le temps qu'il faut pour créer une image en trois dimensions.
Ce procédé pourrait être utilisé pour détecter des matières dangereuses dans les bagages des passagers mais pas seulement. Les chercheurs envisagent des applications en médecine : « notre caméra peut faire la différence entre les tissus normaux et anormaux  à partir d’un prélèvement de biopsie et contribuer au diagnostic » estime Robert Cernik. Elle pourrait aussi être utilisée pour analyser rapidement le contenu des carottages lors de fouilles géologiques.

Sciences et Avenir

 




lundi 21 janvier 2013

Les voitures "sans chauffeur" à la conquête des routes



Les projet se multiplient chez les constructeurs. Ford, Audi, Volkswagen, Toyota, tous ont vu les perspectives ouvertures par la Google Car. 

 

La Lexus "sans chauffeur" de Toyota, un prototype présenté au CES de Las Vegas. Tomoko Echizenya/AP/SIPA
La Lexus "sans chauffeur" de Toyota, un prototype présenté au CES de Las Vegas. Tomoko Echizenya/AP/SIPA

AUTONOME. Avec sa galerie supportant de gros capteurs sur son toit, et sa batterie de détecteurs et caméras à l'avant, la berline Lexus exposée par Toyota au salon annuel du secteur électronique CES à Las Vegas ne passe pas inaperçue.
Le prototype se rapproche beaucoup par son aspect, de la voiture autonome déjà conçue par Google. Comme elle, "il peut se conduire tout seul", indique Jim Pisz, un responsable de Toyota aux Etats-Unis, "mais nous ne le laisserons pas faire".
Si le géant de l'internet a obtenu l'autorisation d'utiliser son véhicule sur les routes dans trois Etats américains, Toyota utilise le sien seulement dans ses centres de recherche.



SÉCURITÉ. "La technologie est très similaire à celle de Google", avec l'usage de radars, de lasers, mais les objectifs sont différents, relève M. Pisz: le groupe internet cherche à améliorer ses logiciels de cartographie, Toyota plutôt à développer des technologies améliorant la sécurité de ses voitures.
L'électronique a été au coeur de l'innovation ces dernières années dans le secteur automobile, permettant l'ajout d'un tas de fonctions automatisées aux véhicules, surtout haut-de-gamme. Radars et avertisseurs anti-collision, assistances au parking, régulateurs de vitesse, éclairages ou freinages "intelligents"... "Les voitures d'aujourd'hui sont des ordinateurs roulants", relève Wolfgang Dürheimer, membre du directoire chargé des développements techniques chez Audi.

ENNUI. La voiture de demain se passera-t-elle de conducteur ? Les expériences en la matière, en tout cas, se multiplient. Audi a montré dans un simulateur au CES un système s'apparentant à un pilote automatique, installé dans des voitures tests. "Il aide le conducteur dans les situations où la conduite est ennuyeuse", explique Ulrich Hofmann, qui participe au développement des systèmes de conduite du constructeur allemand.

Sur autoroute, dans un embouteillage, ou quand il n'y a pas trop de feux de circulation par exemple, il suffit d'enfoncer un bouton sur le volant pour que la voiture se mette à conduire toute seule. Elle adapte automatiquement sa vitesse à celle qui la précède, et reste dans sa file en suivant le marquage au sol. Pendant ce temps, le conducteur peut lire ses mails, passer un appel vidéo...

SHELLEY. L'autonomie du véhicule est relative, puisqu'il ne changera pas de file sans un mouvement manuel. Et le système, qui repose sur une série de capteurs lui permettant d'évaluer l'environnement, alerte aussi le conducteur quand le pilotage assuré n'est plus sûr et qu'il doit reprendre le volant.
L'été dernier, l'université californienne de Stanford a testé une autre Audi sur le circuit de Thunderhill, en tant que véhicule de course. La voiture est baptisée Shelley.


L'université est déjà à l'origine du projet Stanley, en 2005, une Volkswagen Touareg autonome développée en collaboration avec le laboratoire de recherche en électronique du constructeur.
FORD. Toujours du côté des constructeurs, Ford avait stoppé ses recherches "il y a cinq ou six ans", car la perspective d'une voiture sans chauffeur "semblait trop éloignée, ça n'avait pas de sens de faire travailler de grosses équipes dessus", indique Pim van der Jagt, qui travaille dans un centre de recherche du groupe américain.
Mais il a estimé que les choses avaient changé, notamment suite à l'intérêt suscité par le projet de Google, et a relancé ses recherches sur l'autonomie des véhicules.

Toyota affirme toujours que sa voiture sans chauffeur ne sera pas mise sur le marché dans un avenir proche. Chez Audi, on concède qu'il reste beaucoup de problèmes légaux. Mais le système de pilotage assisté utilise "des choses qui sont déjà en production en série, ou en sont proches" et pourrait arriver sur le marché "d'ici 5 à 8 ans", selon Ulrich Hofmann. Wolfgang Dürheimer a estimé pour sa part que le Japon pourrait être le premier pays à l'adopter.

Reste à savoir comment le grand public réagira quand il commencera à être confronté à des voitures sans chauffeur lâchées dans la nature. Cette dernière petite vidéo en forme de canular en fournit un aperçu:
Sciences et Avenir